Main de joueur de tennis tenant une raquette avec surgrip visible, mise au point sur la prise
Publié le 10 mai 2024

En tant que kinésithérapeute, mon conseil est direct : cesser de voir votre surgrip comme un simple accessoire. C’est un équipement de prévention essentiel. La crispation de votre main sur un manche devenu glissant déclenche une chaîne de compensation musculaire qui remonte inévitablement dans l’avant-bras. Changer de surgrip régulièrement n’est pas un luxe, c’est une intervention biomécanique ciblée pour désamorcer la cause première de nombreuses tendinites du coude.

Cette douleur lancinante au coude, connue sous le nom de « tennis elbow » ou épicondylite, est le cauchemar de tout joueur de tennis. Vous avez probablement déjà tout entendu : échauffement, étirements, anti-inflammatoires, choix de la raquette… Mais si la source du problème, celle qui déclenche la cascade de micro-traumatismes, se trouvait littéralement dans la paume de votre main ? Je parle de cette fine couche de polyuréthane enroulée autour de votre manche : le surgrip.

La plupart des joueurs le changent lorsqu’il est visiblement en lambeaux. C’est une erreur. L’usure d’un surgrip n’est pas seulement esthétique, elle est fonctionnelle. Un surgrip perd ses propriétés d’absorption et d’adhérence bien avant de se déchirer. Cette perte, même minime, vous force inconsciemment à serrer le manche plus fort pour maintenir le contrôle de la raquette lors de l’impact. C’est le début de la « chaîne de compensation » : une sur-sollicitation des muscles de l’avant-bras qui, répétée des milliers de fois, mène à l’inflammation et à la douleur.

Cet article n’est pas un simple tutoriel de changement de grip. C’est une analyse préventive. Nous allons déconstruire le rôle biomécanique de l’interface main-raquette et comprendre comment la gestion méticuleuse de votre surgrip est une stratégie de prévention active contre les tendinopathies. Nous ne parlerons pas seulement d’adhérence, mais de proprioception, d’économie de l’effort et d’investissement dans votre santé de joueur.

Nous aborderons ensemble les aspects cruciaux de cet équipement, du choix de la matière à la technique de pose, en passant par les aspects économiques et les erreurs courantes. Suivez ce guide pour transformer un geste de maintenance en un puissant levier de prévention.

Surgrip collant (« tacky ») ou sec (« dry ») : lequel choisir pour une main qui transpire beaucoup ?

Le choix de la matière de votre surgrip est la première étape de votre protocole de prévention. Il ne s’agit pas d’une préférence, mais d’une adaptation à votre physiologie. Un joueur qui transpire abondamment n’aura pas les mêmes besoins qu’un joueur aux mains toujours sèches. On distingue deux grandes familles : les « tacky » (collants) et les « dry » (absorbants).

Le surgrip « tacky » offre une sensation d’adhérence maximale au toucher. Sa surface à base de polymères de polyuréthane (PU) agit comme une ventouse, procurant un contrôle exceptionnel lorsque la main est sèche. Cependant, son efficacité s’effondre en présence d’humidité excessive. La sueur crée un film glissant à sa surface, annulant ses propriétés et vous forçant à crisper la main.

Vue macro comparative de deux textures de surgrips tennis, l'une lisse et collante, l'autre perforée

À l’inverse, le surgrip « dry » est conçu pour la gestion de l’humidité. Sa texture, souvent dotée de micro-perforations, est composée de fibres hydrophiles qui absorbent la transpiration. Il maintient une surface relativement sèche plus longtemps. Son adhérence initiale est moindre que celle d’un « tacky », mais il offre une performance beaucoup plus constante dans des conditions humides ou pour les joueurs à forte sudation. Le tableau suivant résume les points clés pour orienter votre choix.

Ce choix stratégique est essentiel pour maintenir une pression de préhension minimale et constante, quel que soit votre niveau de transpiration au cours d’un match. Une analyse des différents types de surgrips et de leurs caractéristiques vous aidera à faire le bon choix.

Comparatif des surgrips Tacky vs Dry
Type de surgrip Caractéristiques Avantages Inconvénients Pour qui ?
Tacky (collant) Surface adhérente, toucher collant, polymères PU Excellente adhérence main sèche, sensation de contrôle maximal Se dégrade rapidement avec l’humidité, glissant si très mouillé Joueurs transpirant peu, temps sec, début de match
Dry (absorbant) Micro-perforations, fibres hydrophiles, absorption d’humidité Absorbe efficacement la transpiration, reste sec plus longtemps Moins de sensation initiale, saturation après usage intensif Joueurs transpirant beaucoup, temps humide, fin de match

En résumé, ne luttez pas contre votre physiologie. Si vos mains sont des fontaines, le surgrip « dry » est votre allié. Si vous avez les mains sèches, profitez du contrôle absolu d’un « tacky » frais. Certains joueurs utilisent même une raquette avec un « tacky » pour le début de match et une autre avec un « dry » pour la fin.

Comment enrouler le surgrip pour éviter les bourrelets gênants au niveau du talon de la main ?

Avoir le bon surgrip est une chose, l’appliquer correctement en est une autre. Une pose négligée, avec des bourrelets ou des surépaisseurs, crée des points de pression anormaux dans la main. Ces imperfections peuvent être aussi néfastes qu’un grip usé, car elles modifient la prise et forcent des micro-ajustements musculaires constants. Considérez la pose de votre surgrip comme une procédure quasi chirurgicale, où la précision et la tension sont clés.

La zone la plus critique est celle du talon de la main, près de l’éminence hypothénar. Un bourrelet à cet endroit est non seulement inconfortable, mais il altère la perception des arêtes du manche. Le protocole professionnel vise à obtenir une surface lisse et uniforme, avec un chevauchement constant. Commencez par l’extrémité biseautée à la base du manche (le butt cap) et enroulez en maintenant une tension ferme. Pour un droitier, l’enroulage se fait de gauche à droite.

Le chevauchement est le paramètre que vous pouvez ajuster. Un chevauchement faible (environ 2-3 mm) préserve mieux la sensation des arêtes du manche, crucial pour les joueurs qui aiment sentir la raquette. Un chevauchement plus important (jusqu’à 5-6 mm) offre plus d’amorti et de confort, mais au détriment des sensations. Comme le soulignent des experts, cette technique est à personnaliser.

Les joueurs professionnels adaptent leur technique d’enroulage selon leur prise principale : un faible chevauchement de 2mm pour les prises continentales au service permet de mieux sentir les arêtes du manche, tandis qu’un chevauchement plus important offre plus de confort pour les prises fermées de coup droit.

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La coupe finale, en haut du manche, doit être nette et l’adhésif de finition doit être posé à plat, sans créer de surépaisseur. Prenez le temps de réaliser ce geste avec soin. Une surface parfaitement lisse est le garant d’une pression uniforme de la main et d’une meilleure proprioception.

Ne sous-estimez jamais l’impact d’un enroulage parfait. C’est la garantie que votre interface main-raquette est optimisée, sans points de friction ni de pression parasites qui pourraient, à terme, générer des compensations musculaires douloureuses.

Surgrips en gros ou à l’unité : quelle économie réelle sur une saison de 50 matchs ?

L’un des principaux freins au changement régulier du surgrip est psychologique et économique. « Pourquoi le changer, il n’est pas encore cassé ? » ou « C’est un budget à la fin de la saison ». C’est ici que le rôle du kinésithérapeute préventif est de recadrer la dépense. Il ne s’agit pas d’un coût, mais d’un investissement minime pour prévenir une blessure dont le traitement sera infiniment plus coûteux, tant en argent qu’en temps d’arrêt de jeu.

Mettons cela en perspective. La recommandation est de changer de surgrip toutes les 4 à 6 heures de jeu. Pour un joueur régulier disputant environ 50 matchs par an (soit 100 heures de jeu), cela représente un besoin d’environ 25 surgrips. L’achat à l’unité peut sembler anodin, mais l’achat en gros (par boîtes de 30 ou 60) change radicalement la donne. En effet, une économie de 50€ par saison est facilement réalisable en optant pour des packs, avec un coût passant de 125€ à 75€ pour la même consommation.

Cette économie de 50€ peut paraître modeste, mais elle doit être mise en balance avec le coût d’une tendinite. Une seule séance de kinésithérapie non remboursée coûte en moyenne plus cher que votre stock annuel de surgrips. Une tendinite installée nécessite souvent une dizaine de séances, sans parler des éventuels examens complémentaires, et surtout, des semaines d’arrêt forcé. Le calcul est rapide, comme le montre ce tableau comparatif.

Cette analyse financière, bien que simplifiée, démontre l’absurdité de vouloir « économiser » sur le changement de surgrip. C’est une vision à très court terme qui expose à un risque financier et sportif bien plus grand.

Comparaison du coût des surgrips face au coût d’une blessure
Type de dépense Coût unitaire Fréquence annuelle Coût total annuel
Surgrips en pack de 30 2,50€/unité 25 surgrips 75€
Surgrips à l’unité 5€/unité 25 surgrips 125€
Séance kinésithérapie tendinite 60€ 10 séances minimum 600€
Arrêt de jeu (perte opportunité) 4-6 semaines Non chiffrable

Levez ce frein psychologique. Achetez vos surgrips en grande quantité en début de saison. Vous aurez toujours un grip neuf sous la main et vous ne vous poserez plus la question de le changer. C’est l’un des investissements les plus rentables que vous puissiez faire pour votre santé de tennisman.

L’erreur de superposer deux surgrips qui arrondit trop les arêtes du manche

Dans la quête d’un meilleur amorti ou pour augmenter rapidement la taille du manche, certains joueurs commettent une erreur biomécanique majeure : superposer deux surgrips l’un sur l’autre. Si l’intention peut sembler logique, les conséquences sur la proprioception de la main et la santé de l’avant-bras sont désastreuses.

Le manche d’une raquette de tennis n’est pas rond, il est de forme octogonale. Ces huit arêtes sont des repères fondamentaux pour la main. Elles permettent au cerveau de savoir instantanément, sans regarder, comment la raquette est orientée dans l’espace. C’est ce qu’on appelle la proprioception. Elle est essentielle pour ajuster la prise entre un coup droit, un revers ou un service. Superposer des couches de surgrips a pour effet de « gommer » ces arêtes, transformant le manche en un cylindre quasi parfait.

Vue en coupe d'un manche de raquette montrant la différence entre forme octogonale et arrondie

Privée de ses repères tactiles, la main est « aveugle ». Pour compenser cette perte d’information et s’assurer que la tête de raquette est bien positionnée à l’impact, le joueur va instinctivement et inconsciemment contracter plus fermement les muscles de son avant-bras. C’est une nouvelle fois la mise en place d’une chaîne de compensation délétère.

Lorsque les arêtes du manche sont trop arrondies par la superposition de surgrips, la main perd ses repères proprioceptifs, forçant une sur-sollicitation des muscles de l’avant-bras pour stabiliser la tête de raquette. Cette compensation musculaire excessive est identifiée comme une cause directe de crispation et d’apparition de tendinites épicondyliennes chez les joueurs.

Institut de Recherche du Bien-être, de la Médecine et du Sport Santé (IRBMS)

Si vous avez besoin d’augmenter la taille de votre manche, la seule méthode correcte est de changer le grip originel (la couche épaisse sous le surgrip) pour un modèle plus épais, ou de faire appel à un professionnel pour poser une gaine thermorétractable qui préserve la forme octogonale. Ne sacrifiez jamais les arêtes de votre manche sur l’autel d’un confort illusoire.

La sensation des arêtes est un dialogue silencieux entre votre main et votre raquette. En l’effaçant, vous vous privez d’une information capitale, forçant votre avant-bras à crier pour compenser. Préservez la forme de votre manche, préservez votre coude.

Quand utiliser de la magnésie liquide en complément du surgrip

Même avec le surgrip « dry » le plus performant, il arrive que la transpiration soit si intense, notamment par temps chaud et humide, que le grip finit par saturer. Dans ces conditions extrêmes, la magnésie liquide peut être un complément utile, à condition de l’utiliser comme un outil d’appoint et non comme une solution de fond. C’est une aide tactique, pas une stratégie.

La magnésie liquide (carbonate de magnésium dans une base d’alcool) agit en asséchant instantanément la peau et en créant une fine couche de poudre qui augmente la friction. Son effet est rapide et puissant, mais temporaire. Son principal inconvénient est qu’elle peut, à la longue, boucher les pores du surgrip, réduisant sa capacité d’absorption naturelle et le rendant lisse et glissant une fois l’effet dissipé.

Le protocole d’utilisation doit donc être strict : ne jamais l’appliquer directement sur le surgrip. Appliquez une petite noisette sur vos mains propres et sèches, laissez sécher complètement à l’air (environ 30 secondes) avant de reprendre votre raquette. Utilisez-la avec parcimonie, idéalement lors d’un changement de côté, pour vous donner un répit de quelques jeux. C’est une solution de crise, pas une habitude. D’autres produits, comme les gels anti-transpirants ou les poudres de résine, existent mais présentent aussi leurs propres avantages et inconvénients.

Le tableau suivant compare différentes solutions pour vous aider à y voir plus clair et à choisir l’outil le plus adapté à une situation donnée, toujours en complément d’un surgrip adapté et en bon état.

Comparaison des solutions anti-transpiration d’appoint
Produit Durée d’effet Avantages Inconvénients Prix moyen
Magnésie liquide 20-30 min Séchage immédiat, grip maximal Peut saturer le surgrip, résidus blancs 10€/flacon
Gel anti-transpirant sport 2-3h Application préventive, invisible Temps de séchage 5 min avant jeu 15€/tube
Poudre de résine 45-60 min Adhérence exceptionnelle Difficile à nettoyer, peut coller excessivement 12€/boîte
Spray grip enhancer 30-45 min Application rapide, sans résidu Efficacité variable selon humidité 18€/spray

En définitive, la meilleure solution contre la transpiration excessive reste une approche globale : hydratation correcte, poignets éponges, serviette à chaque changement de côté, et surtout, un surgrip « dry » changé très régulièrement. La magnésie n’est que le bouton d’urgence à n’utiliser qu’en cas de nécessité absolue.

Comment choisir l’épaisseur de votre grip pour ne pas crisper l’avant-bras ?

Nous avons beaucoup parlé du surgrip, mais il ne faut pas oublier qu’il s’enroule autour du grip originel. L’épaisseur totale de ce manche est un paramètre fondamental de la prévention des blessures. Un manche trop fin ou trop épais force une contraction inadaptée des muscles de la main et de l’avant-bras, créant une pré-fatigue musculaire qui est le terreau des tendinites. Les statistiques sont alarmantes : une étude clinique révèle que sur les 50% de joueurs de tennis développant une épicondylite, 60% utilisaient une taille de manche inadaptée.

Un manche trop fin oblige les doigts à se chevaucher et à se contracter excessivement pour stabiliser la raquette. Cette sur-contraction des muscles fléchisseurs des doigts se propage à l’avant-bras et peut mener à une épitrochléite (le « golfer’s elbow »). Un manche trop épais, à l’inverse, empêche une prise ferme et sécurisée. La main peine à « verrouiller » le manche, ce qui demande un effort constant des muscles extenseurs du poignet pour empêcher la raquette de tourner, favorisant l’épicondylite (le « tennis elbow »).

Main tenant une raquette de tennis montrant l'espace correct entre paume et doigts

La règle la plus connue pour une première estimation est celle de l’index. Prenez votre raquette en prise « marteau » (continentale). Vous devriez pouvoir glisser l’index de votre main libre dans l’espace entre l’extrémité de vos doigts (majeur et annulaire) et la paume de votre main. S’il n’y a pas assez d’espace, le manche est trop fin. S’il y a trop d’espace, il est trop épais. Mais cette règle est une base, qui doit être affinée.

Au-delà de la règle classique du doigt (espace d’un doigt entre paume et doigts en prise), la taille idéale dépend du style de jeu et de la morphologie : un manche plus fin favorise l’action du poignet pour le lift chez les joueurs aux doigts longs, tandis qu’une paume large nécessite un manche plus épais pour éviter la sur-contraction des fléchisseurs.

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Prendre le temps de mesurer et de choisir la bonne taille de manche est un prérequis non négociable. C’est la fondation sur laquelle vous construirez une pratique du tennis saine et durable. En cas de doute, demandez conseil à un vendeur spécialisé ou à votre coach.

La sélection de la bonne épaisseur est si fondamentale qu’il est bon de revoir les critères de choix pour votre grip.

Ne considérez pas la taille de votre grip comme un détail. C’est l’ergonomie de base de votre outil de travail. Une taille inadaptée est une garantie de compensation musculaire et, à terme, de blessure. Vérifiez la vôtre dès aujourd’hui.

Pourquoi porter des poignets éponge est-il une mesure de sécurité pour vos yeux ?

Le port de poignets éponge est souvent perçu comme un accessoire de style ou un simple moyen de s’éponger le front. C’est réduire considérablement leur rôle préventif, qui est double et essentiel. D’un côté, ils participent à la gestion de la transpiration pour la main, et de l’autre, ils constituent une barrière de sécurité pour vos yeux.

Leur fonction première est évidente : agir comme un barrage. La sueur qui perle sur votre bras est stoppée par le poignet éponge avant qu’elle n’atteigne votre main et ne vienne saturer votre surgrip. Maintenir une main plus sèche permet de conserver une prise relaxée et d’éviter la fameuse crispation. C’est un élément clé d’un système anti-transpiration complet, qui inclut également le bandeau frontal et le choix de vêtements techniques.

Mais leur deuxième rôle est tout aussi crucial et souvent négligé. La sueur est acide (pH entre 4 et 6). Lorsqu’elle coule du front et entre en contact avec les yeux, elle provoque une irritation immédiate, une vision floue et un larmoiement. Ce phénomène, en plein milieu d’un échange, peut vous faire perdre le point, mais surtout, il vous incite à vous frotter les yeux avec une main qui vient de toucher la balle, le sol, ou votre raquette. C’est un risque non négligeable d’irritation ou d’infection oculaire.

Les programmes préventifs des joueurs professionnels intègrent systématiquement le port de poignets éponge comme élément d’un système global : ces accessoires agissent comme barrages empêchant la sueur du bras d’atteindre la main et de saturer le surgrip, tout en protégeant les yeux de l’acidité de la transpiration qui peut provoquer vision floue et larmoiement en plein échange.

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Le poignet éponge sert donc aussi à essuyer la sueur du front avec un textile propre, dédié à cet usage, limitant le contact entre la sueur et les yeux. C’est une double protection : pour votre grip et pour votre vision. Mettre en place un système complet de gestion de la transpiration est une marque de sérieux dans sa pratique.

Votre plan d’action pour l’audit de votre système anti-transpiration

  1. Analyse des points de contact : Identifiez toutes les zones où la sueur pose problème (front, bras, mains) et comment elle affecte votre jeu (grip glissant, vision floue).
  2. Inventaire de l’équipement : Listez votre matériel actuel (type de surgrip, présence de poignets/bandeau, type de serviette) et évaluez son efficacité.
  3. Audit de cohérence : Votre surgrip est-il de type « dry » alors que vous transpirez beaucoup ? Utilisez-vous des poignets éponges ? Confrontez votre équipement à vos besoins physiologiques réels.
  4. Test de performance en conditions réelles : Lors de votre prochain match intense, notez précisément à quel moment le grip devient glissant ou la sueur vous gêne. Cela définit votre seuil de tolérance.
  5. Plan d’amélioration : Sur la base de cet audit, décidez des actions concrètes : passer à un surgrip « dry », acheter des poignets éponges, adopter une routine de séchage aux changements de côté.

L’intégration de cet accessoire dans une stratégie globale est fondamentale. Pour cela, il faut bien comprendre son double rôle de sécurité pour la main et les yeux.

Considérez les poignets éponges non pas comme une option, mais comme une pièce maîtresse de votre équipement de protection individuelle sur le court, au même titre qu’une bonne paire de chaussures.

À retenir

  • Un surgrip usé vous force à crisper la main, déclenchant une chaîne de compensation musculaire responsable des tendinites.
  • Le choix du surgrip (tacky vs dry) doit être adapté à votre physiologie (niveau de transpiration) et non à une mode.
  • L’économie réalisée en n’achetant pas de surgrips est dérisoire comparée au coût financier et sportif d’une tendinite.

Comment choisir l’épaisseur de votre grip pour ne pas crisper l’avant-bras ?

Maintenant que la méthode de mesure statique de votre taille de manche est claire, nous devons aborder l’aspect dynamique et le réglage fin. La « règle de l’index » est un excellent point de départ, mais votre morphologie unique, votre style de jeu et vos sensations personnelles sont les juges finaux. Apprendre à écouter les signaux que votre corps envoie est une compétence de prévention avancée.

Ne vous fiez pas uniquement à l’absence de douleur. Un grip mal adapté peut se manifester par d’autres signes : une fatigue prématurée de l’avant-bras, une difficulté à contrôler les coups décentrés, ou une tendance à voir la raquette tourner dans la main sur les services puissants ou les volées bloquées. Ce sont des indicateurs que votre main lutte pour stabiliser l’outil, bien avant que l’inflammation ne se déclare.

Le meilleur moyen de valider votre taille de manche est l’expérimentation contrôlée. Si vous êtes entre deux tailles, procurez-vous deux raquettes identiques avec les deux tailles de manche (ou faites ajuster la vôtre par un professionnel). Jouez une heure avec l’une, puis une heure avec l’autre, en étant très attentif à vos sensations de fatigue, de contrôle et de relaxation de la main. Souvent, la bonne taille est celle qui vous permet de « penser » le moins à votre prise.

Enfin, comprenez que la taille du grip interagit avec d’autres paramètres, notamment le poids et l’équilibre de la raquette. Une raquette lourde en tête avec un grip trop fin sera particulièrement difficile à maîtriser et augmentera le risque de crispation. Votre taille de grip n’est pas une valeur absolue, mais une composante d’un système biomécanique complet. La bonne taille est celle qui permet à votre avant-bras de rester le plus relâché possible, le plus longtemps possible.

Pour affiner votre choix, il est essentiel de maîtriser les principes de base de la sélection de l'épaisseur du grip afin de pouvoir ensuite expérimenter en connaissance de cause.

Votre objectif ultime est de trouver le diamètre de manche qui vous offre le meilleur compromis entre tenue sécurisée et relâchement musculaire. Écoutez votre main et votre avant-bras. Ce sont eux qui détiennent la vérité sur la taille de grip qui vous permettra de jouer plus longtemps et sans douleur.

Rédigé par Thomas Cordier, Cordeur professionnel certifié et expert matériel, propriétaire d'un Pro Shop spécialisé depuis 15 ans. Il a cordé pour plusieurs tournois ATP 250 et possède une connaissance encyclopédique des cadres, cordages et customisations.